Maëlys Tremblay

Disclamer : Voici le tout début du prologue. Ceci est un extrait non corrigé.





Les routes goudronnées, les buildings en béton, les vieux bâtiments en briques rouges... tel était ce qui décorait la capitale de l’Angleterre. Londres, ville emplit d’autant d’habitants que de touristes. Les musées, les théâtres, les restaurants, les magasins, voilà tout ce qui attire le monde aux portes de Londres, sur les rives de la Tamise. Ils grouillent tous comme des fourmis dans les rues embouteillées de la ville. Ils s’étonnent, s’arrêtent sans cesse, jouent les paparazzis, quels gens ennuyeux… et pourtant si drôles à la fois.

C’est depuis sa fenêtre que Cecily observait le monde. Tout lui paraissait si terne, sans intérêt. Sa tête contre la vitre froide de sa chambre, elle voyait les premières larmes du ciel s’échouer sur les trottoirs. Les gens se mirent alors à danser, à courir dans l’espoir de trouver un endroit où s’abriter. Elle esquissa un maigre sourire qui fut interrompu quand on frappa à sa porte. Elle tourna sa tête lentement vers la porte qu’on ouvrait, faisant tomber ses cheveux rouges de ses épaules. Elle fixa l’homme aux cheveux bruns à l’entrée de la pièce et celui-ci lui sourit.

« Cecily, viens manger, il est l’heure.

— Oui papa, j’arrive. »

La jeune fille descendit de son siège de fortune pour s’approcher. La robe dont elle était vêtue s’était froissée, ce qui la fit maugréer au grand amusement de son père. Elle fit la moue un instant puis le rejoignit. Il l’a pris par l’épaule, lui sourit et l’emmena à la cuisine pour le petit-déjeuner. Ils s’installèrent face à face comme ils en avaient pris l’habitude. Cecily prit un toast et le mordit. Son père regarda une goutte de la confiture tomber sur la table, si près du bord que Cecily sentit une bouffée de stresse monter de peur que sa robe ne soit tâchée. Son soupir de soulagement en constatant que sa robe était intacte fit rire son père. Elle lui lança un regard accusateur puis se leva pour prendre une éponge et essuyer la tâche. Par précaution, elle prit une serviette de table et l’installa sur sa robe pour éviter qu’un autre incident n’arrive. Cecily se rassit en prenant garde cette fois de ne pas froisser sa robe. Après tout, aujourd’hui, elle avait rendez-vous avec des amies et son apparence se devait d’être parfaite ! Son toast terminé, elle se leva pour débarrasser et souhaita une bonne journée à son père lorsqu’il la quitta pour aller travailler. Être policier n’était pas de tout repos. Avant de sortir, elle prit soin de mettre sa veste préférée. Elle était d’un rouge aussi lumineux que ses cheveux et faisait ressortir la pâleur de son teint. La seule trace d’artifice sur sa peau était un léger rouge à lèvre andrinople qui s’accordait avec harmonie à sa tenue. Les chaussures qu’elle a elle-même customisées aux pieds, elle sortit un parapluie dans la main, au cas où le ciel se déciderait à déverser un nouveau voile de larme. Des pas lents, une allure gracieuse et un regard froid. Une beauté de glace dont on ne pouvait détacher les yeux si aisément. Cecily en avait parfaitement conscience mais ça lui semblait tellement peu important. Tout ce qui comptait, c’était ce qu’elle pensait d’elle-même. Ses seules craintes venaient de son esprit… tout comme ses seuls réconforts. Elle n’avait besoin ni ne voulait l’aide de personne.

« Hey, Cecily ! T’es à la bourre, qu’est-ce que tu foutais ? »

Cecily s’arrêta et regarda ses amies. Elle ne semblait pas réaliser qu’elle était arrivée, tout juste tirée de ses pensées par la voix suraigüe de la leader du groupe. Lorsqu’elle comprit, elle s’approcha d’elles.

« Je suis désolée, j’étais…

— Dans les nuages ! » la coupa la seconde. C’était une fille arrogante et superficielle. Pas le genre d’amie qu’elle aimait avoir. Mais bon, elle s’en accommodait, elle n’avait pas le choix. C’était ça ou être seule… elle a choisi de supporter en silence Kimberley. Même son prénom l’insupportait, allez savoir pourquoi. Peut-être était-ce simplement lié à la fille qui le portait. Enfin, après tout, ça ne la regardait pas. Elle l’ignorait, et c’était tout.

« Kimberley, ça suffit. Allez ! On va faire les magasins ! » coupa court la leader, Cary, à toutes les conversations qui auraient pu franchir le seuil de leurs lèvres badigeonnées de maquillage. Elle prit Cecily par le bras et l’emmena avec elle pour être à la tête du groupe qui les suivait.

« Excuse-la, Cecily. Tu sais bien comment elle est.

— Oui, ne t’en fais pas, Cary, j’ai l’habitude avec elle… Elle n’a qu’à continuer à cracher son venin dans le vide, je m’en moque pas mal.

— Tu es gentille, Cecily. »

Gentille ? Elle ? Cecily ne se considérait pas comme gentille. Elle estimait juste inutile de parler avec Kimberley. Le dialogue ne pourrait jamais se faire entre elles. Elles étaient trop différentes pour se comprendre et au fond… ça ne dérangeait que Cary. Elle essayait de rallier le plus de filles possible autour d’elle. Elle faisait partie de ces gens qui ne supportent pas la solitude… tout le contraire de Cecily en somme. Et pourtant, quelque chose les avait poussées à être ensemble, à se rapprocher. Une sorte d’attirance mutuelle basée sur l’interrogation, la recherche et le mystère. Aucune des deux ne savait vraiment pourquoi mais elles ne cherchaient pas à la savoir non plus. Quel intérêt auraient-elles à connaître la raison qui les a faites amie ? Il n’y en avait aucun. Du moins… aux yeux de la silencieuse Cecily. Quand enfin elle arrêta de penser à ces choses inutiles, elle remarqua qu’elles étaient déjà dans le centre commercial et qu’elle était seule, au plein milieu du hall. Elle soupira et se mit en route pour entrer dans la première boutique venue avec l’espoir si maigre de trouver l’une des filles. Mais rien. Tant pis, elle ferait les boutiques toute seule et ce n’était pas pour la gêner. Cecily trouva quelques vêtements et décida d’attendre les filles dans un café du centre commercial. Elle s’ennuyait alors elle prit un livre dans son sac. Un livre dont elle ne se séparait jamais. Baudelaire, les Fleurs du mal. Elle adorait. Elle ressentait chaque mot au jusqu’au plus profond de son cœur et oubliait tout ce qui l’entourait pendant que ses yeux assimilaient les lettres de chaque mot et que…